La tuerie liégeoise de ce 13 décembre nous rappelle que nul d’entre nous n’est à l’abri d’un accident de la vie particulièrement traumatisant. Et si le choc traumatique est extrêmement violent pour les familles des victimes et les victimes survivantes elles-mêmes, il peut être tout aussi fort pour ceux qui ont vécu les événements par procuration.
Il était d’ailleurs intéressant d’observer et d’écouter les témoignages recueillis au cours des dernières heures. Toutes ces personnes persuadées d’avoir entendu et même vu des faits différents de ceux qui nous sont rapportés aujourd’hui comme « la réalité » par les autorités.
Du point de vue du « traumatisé », il importe finalement peu que ce qui lui reste de l’événement corresponde exactement ou non à ce qui deviendra la réalité officielle. En fait, ce qui est important, c’est l’image qui nous reste (image au sens large du terme, elle peut être visuelle, sonore, kinesthésique, olfactive, voir gustative), et la manière dont cette image s’ancre dans notre esprit.
J’entendais les psychologues appelés par les centre de crise expliquer combien il était utile de permettre à ceux qui vivent un trauma de le raconter. On n’insistera jamais assez en effet sur l’utilité de ne pas céder aux recommandations faciles « d’oublier tout cela » en se disant que « ça passera tout seul ». L’image traumatique n’a en effet de chance de s’effacer que dans son caractère traumatique, elle ne disparaîtra pas dans sa nature d’image.
En d’autres termes, il ne sert à rien d’essayer d’effacer de notre mémoire quelque chose qui s’y est inscrit de manière aussi profonde, par contre, il est parfaitement possible de donner à cette image une dimension purement historique (c’est à dire installée tranquillement dans le passé et n’handicapant plus le présent). Ce qui est insupportable dans l’événement traumatique, ce n’est pas l’événement en lui même, mais bien ses conséquences dans le présent.
Il existe de nombreuses approches pour soigner les traumatismes, et les psychothérapies brèves ont développé plusieurs outils très efficace pour aider les victimes. Ainsi, dans une approche classique basée sur la Thérapie Brève Systémique et Stratégique, Roberta Milanese et Federica Cagnoni, qui travaillent dans les équipes de Giorgio Nardone ont développé ce qu’elles appelle le « Roman du Trauma », qui aide la victime a installer l’image traumatisante dans son histoire; de même, plusieurs techniques se sont développées autour de l’hypnose Eriksonienne, soit dans le cadre de transes hypnotiques classiques, soit dans des techniques de désensibilisation et de requalification comme l’EMDR, le MATH ou l’HTSMA. Une autre approche spécifique est ce que l’on appelle la R.I.T. (réduction des incidents traumatiques).
Les intervenants d’interactes sont formés à ces différentes techniques et aident régulièrement des personnes victimes de traumatismes divers à surmonter ces situations. N’hésitez pas à réagir à cet article ou à nous contacter pour toute question relative à la difficulté à surmonter une situation traumatique?
